Depuis ses premiers pas sur les planches à l’âge de 10 ans, Nathaniel Sintes n’a jamais cessé de vivre pour le théâtre. Une passion devenue profession, qu’il transmet aujourd’hui à travers l’enseignement.

À six ans, Nathaniel annonçait déjà à sa mère qu’il deviendrait comédien. Une vocation précoce qu’il concrétisera quelques années plus tard en montant sur scène à l’âge de 10 ans au sein d’une troupe dans le Rhône. « Le théâtre m’a plu tout de suite. J’aimais la connexion avec les autres, le langage émotionnel, les odeurs du vieux plancher, de la vieille moquette, de la scène… Je savais que ce serait mon métier », confie-t-il.

« J’étais le premier de première année à intervenir sur scène avec les comédiens »

Le spectacle vivant fait d’ailleurs partie de son histoire familiale puisque son grand-père travaillait dans le milieu du cinéma et a notamment participé aux tournages des films La Boum et Les Compères. Nathaniel poursuit sa pratique en théâtre amateur et au lycée, et se distingue en remportant différents concours. Sa rencontre avec la compagnie lyonnaise Premier Acte et son metteur en scène Sarkis Tcheumlekdjian sera déterminante. « J’ai suivi le cursus pour devenir comédien professionnel. J’étais le premier de première année à intervenir sur scène avec les comédiens de la compagnie », se souvient-il.

Après avoir créé sa propre compagnie et monté un spectacle qui tournera pendant près de deux ans, Nathaniel Sintes s’installe à Saint-Chamond il y a une quinzaine d’années. Comme beaucoup d’artistes, il doit alors multiplier les petits emplois pour compléter ses revenus avant de rejoindre Kada Ghodbane à la Maison des jeunes et de la culture avec qui il commence à enseigner le théâtre, une activité qui lui permet aujourd’hui de vivre de sa passion. « Lorsqu’on n’est pas dans une compagnie rodée et subventionnée, c’est très compliqué de courir après les cachets pour des spectacles ou des tournages de films », souligne le comédien.
Si l’enseignement occupe désormais une place centrale dans son activité professionnelle, il y trouve aussi une véritable source d’épanouissement. « J’aime cette transmission que je peux apporter, voir une personne développer des ressources qu’elle ne pensait pas avoir, apporter un peu de valeur à l’humain et à la cohésion de groupe, le plaisir de construire et de créer. »

Pour autant, l’envie de retrouver les planches ne l’a jamais quitté et il n’exclut pas l’idée. Mais derrière la passion demeure aussi la réalité d’un métier souvent précaire financièrement. « Et puis, c’est difficile d’attirer le public jusqu’au théâtre. Mais quand on arrête de créer, on devient malade, on est en manque », conclut Nathaniel Sintes.

Crédit photo : Nathaniel n’exclut pas l’idée de retrouver les planches un jour.  Photo Françoise Liogier
Source : https://c.leprogres.fr/culture-loisirs/2026/07/19/nathaniel-sintes-comedien-et-passeur-d-emotions