MJC de Saint-Chamond

Page Ouverte – Un temps pour le plaisir des mots.


La poésie est encore plus belle quand elle est partagée …
Alors à vos stylos ; nous attendons vos écrits pour faire ensemble notre MJC …
Envoyez par mail à : questionadherent@mjcstchamond.fr
Mon Journal Couramiaud

Pour continuer ce projet d’une cinquième saison, nous vous proposons d’envoyer votre contribution écrite à … ci-joint notre adresse mail : questionadherent@mjcstchamond.fr ; d’avance un grand merci.
Je reste à votre disposition pour un échange autour des mots, de la poésie, livres et les nombreux projets de Page Ouverte – Jean-Marc Garnier 06 66 33 41 24 –


Vendredi 8 Mai 2020, dernière parution de notre m.j.c (Mon Journal Confiné) qui dès le 11 Mai redeviendra, espérons le définitivement, Mon Journal Couramiaud.
Bonjour Ami(e)s de la MJC – St Chamond – merci à celles et ceux qui durant cette période difficile, le temps d’une lecture, se sont « encrés » aux mots de PAGE OUVERTE – MJC –

Il y a encore des gens qui se demandent à quoi sert la poésie ?


La poésie échappe à toutes définitions. C’est une émotion, un sourire sur un chagrin abandonné, une ode à la vie, un poing serré au fond de ses pensées, un élan de bonheur qui frappe à notre porte, une prière, une invitation à l’évasion, un brin de tendresse dans une main fatiguée en fin de journée, un souffle d’espoir dans un champ de ruines, une colère crachée à la gueule d’un bout de ciel bleu, un petit mot d’amour écrit sur un papier froissé, un matin calme parfum café-croissant, une idée noire enfermée dans une bulle de champagne ….. il ne manque plus que vos mots, vos larmes, une folie ou un fou rire.

Au moment où notre société brille à la lueur des décisions éclairées de nos lumineux penseurs ; juste avant la coupure de courant, urgence de trouver la simple présence d’un vers luisant. Bienvenue chez vous, à la MJC.

« Ami(e)s de la poésie, bonsoir ! » une vision quelque peu élitiste de la poésie, que Coluche aimait épingler.
« Ami(e)s de la poésie, bonsoir ! » Jean-Pierre Rosnay (1926-2009) « son nom est devenu indissociable du rituel par lequel débutaient ses émissions de poésie à la radio et à la télévision ». « Allez donc faire un tour sur wikipedia pour vous apercevoir de la vie et l’oeuvre de ce grand homme poète, lui même ami réel des poètes »
« Métro, dodo, boulot! » ….. expression de Mai 68, un slogan détourné d’un vers de Pierre Béarn « Couleurs d’usine » poème écrit en 1951.

La poésie est visionnaire, souvent libertaire ; qu’en penses-tu Prévert ? « Anartiste », Prévert échappe lui aussi à toutes définitions.

Extrait tiré d’Histoires de J. Prévert – LES ANIMAUX ONT DES ENNUIS


Laissez les oiseaux à leur mère
laissez les ruisseaux dans leur lit
laissez les étoiles de mer
sortir si ça leur plaît la nuit
laissez les éléphants ne pas apprendre à lire
laissez les hirondelles aller et revenir.

La poésie se tient toujours à l’écart des faux – monnayeurs de la pensée, des ensableurs de nos petits bonheurs, de ceux qui nous donnent la nausée avec de bons sentiments plein la bouche.

Merci aux enseignant(e)s qui laissent cheminer les élèves sur les traces de la poésie. Ecoles, collèges, lycées, centres sociaux, MJC ; bravo ! vous êtes de merveilleux passeurs de poésie. Merci à vous.
Je veux partager avec vous les émotions d’un élève de cinquième, scolarisé au Collège Louise Michel à Rive-de-Gier. Une salle de classe, des collégiens en cercle autour de la comédienne Muriel Coadou qui présente une adaptation d’un texte de Jean-Pierre Siméon « Aie, un poème! » (Je cite J-P S … « la poésie ouvre les sens, s’intéresse, déconcerte, elle dit la profondeur, l’abstrait, l’humanité »). Arrive la fin de la représentation ; un temps d’échange s’engage avec la comédienne ….. Assis à mes côtés, un élève lève le doigt pour prendre la parole. Très hésitant, culpabilisant sur l’importance de sa question ; met beaucoup de temps avant de s’exprimer et dans un profond silence il nous déclare la gorge serrée « cette lecture, ce livre m’ont rendu heureux, apaisé ». Merci à la poésie.

Voilà presque deux mois que PAGE OUVERTE – MJC – partage avec vous des textes, des citations, des poèmes. Depuis des semaines, notre collectif est traversé par la seule volonté de vous offrir une culture vivante.
OUI, « La poésie doit être faite par tous » Citation du poète Isidore Ducasse. Cette crise sanitaire va mettre de très nombreux « passeurs de culture » dans une situation financière catastrophique. Pour apporter une bouffée d’air pur à celles et ceux qui régulièrement répondent présent pour enrichir, réjouir le cœur des hommes ; nous préparons un recueil qui regroupera nos différentes productions et sera vendu sous le titre de POéSIES par Temps Troublés.

Et dire au monde que tu ne veux plus
Perdre ta vie
Et si jamais la nostalgie te prend
Tu peux toujours la regarder en face
Avec tes poings et tu verras que passe
La nostalgie

– Léo Ferré –


Nostalgie ….. « Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter »

Emil Michel Cioran —

Nostalgie, mélancolie ; la poésie n’est jamais trés loin. La présence poétique de Laurent Terzieff nous accompagne toujours et toujours « Avant d’être un art, la poésie est une manière de vivre et de sentir. En fait, je crois que c’est l’essence même de la vie » (extrait tiré du livre Seul avec tous – (Edition Presses de la Renaissance) En vente UNIQUEMENT dans les bonnes librairies près de chez vous.

Douce et paisible
est la nuit
Je n’ai plus peur
Ma lumière
a de solides racines


Charles Juliet –

Crédit – Julien Dechandon –


Cette année, Madame Rouveix Claude artiste-peintre a exposé quelques toiles à la MJC de St Chamond. Le jour du vernissage, j’ai le plaisir d’échanger avec elle ; trés rapidement notre discussion tourne autour de la poésie.
Page Ouverte remercie Mme Rouveix ; grâce à elle, aujourd’hui nous pouvons lire un poème de son papa, Monsieur J. CROIZIER qui habitait notre vallée du Gier (…. Du Pilat j’aime la bruyère, les chirats, les prés verts, les bois sombres et profonds …..)

VIE ET NATURE !


Si la nature est belle, elle est aussi fragile.
Rappelez-vous promeneur, vous n’êtes que de passage,
Ouvrez grand vos yeux, faites le plein d’images.
Tout comme les oiseaux, allez de fleur en fleur
Respirez leurs parfums, admirez leurs couleurs,
Et jouez donc à l’artiste, même un peu malhabile …
Alors ! Osez ! Osez ! pour laisser un message
Ecrivez, peignez, dessinez, et aussi, coloriez !
Surtout faites cela avec tout votre
cœur
Pour l’offrir en cadeau à ceux que vous aimez.
Et petite attention : notez en belles lettres
Un mot trés important à ne jamais omettre :
P A R T A G E !

Crédit – Julien Dechandon –

Merci Mr Croizier, votre message nous fait du bien ; il nous montre les chemins à parcourir dès la fin du confinement. La MJC est heureuse et fière de le partager.


Gautier nous revient avec un texte écrit voilà cinq ans. Nous retrouvons là encore cette conjugaison du verbe partager ; le metteur en scène écoute les autres pour raconter le monde.

« Punk à mot » de G Marchado – Cie Parole en Acte –
« Mon métier n’est pas d’écrire. Mon métier, c’est d’aller chercher les mots pour dire notre monde, nous dans le monde, nous avec les autres.
Et les porter sur scène.
Dans notre grande sécheresse culturelle et spirituelle globalisée, où les mots sont publicités et discours, il existe des endroits où dire, c’est d’abord se dire soi, et revendiquer son existence. N’avez-vous jamais fait cette expérience de voir un acteur, de l’écouter, et d’être saisi par ce qu’il dit au détour d’une réplique, et de penser « cette phrase aurait pu être écrite pour moi ! ».

Permettre cette rencontre, cet échange et nous laisser embraser par la parole.
Affirmer que nous sommes uniques.
Découvrir que nous ne sommes plus seul.
Il faut être sauvage, gourmand, enragé. Les mots ne sont pas rentables, ils ne rapportent rien. Rien de ce que le monde attend.
Au contraire de nous refermer sur nous même, ils ouvrent.
Et que notre combat se passe sur scène, dans un poème partagé, dans un bar, avec un inconnu ou un proche, nous ne cherchons qu’à être éclairé par eux.
Que cette lutte soit joyeuse et lumineuse ! « .


PARTAGER encore et toujours ; des ramettes de papier, des mots pour écrire des poèmes et dire je t’aime à la vie, de bonnes chaussures pour arpenter les rues de notre ville et distribuer quelques feuilles de poésie.

Paul Privat, poète, amoureux des mots, libre comme le vent, toujours au rendez-vous pour nous annoncer l’arrivée du printemps ….. jamais en retard pour nous rappeler « Vite! Allons chercher la Paix »

Merci Paul, nous te lisons :

Elle appartient à tout le monde
Chacun l’invite dans la ronde
De ceux qui oeuvrent pour la Paix
Qui en reçoivent les bienfaits

On peut ne pas la recevoir
Autour de soi bien décevoir
Rester dans les idées reçues
Et parfois la mettre à la rue

La Paix c’est comme l’Amitié
On peut l’offrir à satiété
Comme les plus beaux sourires
Ou l’accueillir pour mieux l’offrir


Nous remercions Marie-Hélène pour son expression poétique.

Le temps en cale de radoub
le fil des jours, fusé
la trame des nuits tendue sur l’envie d’oublier
Et mes pas dans un cercle
revisitant mes rêves
qui attendent appuyés contre un muret de pierre
espèrent au coin de la rue
palpitent en bas de chez moi.
Les fenêtres assombries me regardent passer
sans vos sourires, perdus
qui font boiter ma vie.
Le silence officiel,
se parler à soi même
quand les jardins folâtrent, tout bourgeonnants d’oiseaux
de lilas provocants, d’arbres qui s’étirent dans l’air
désincarcéré
explosions du vert sur la ville aux traits lavés
douces vengeances d’herbes drues.


Demain, congelé
la semaine prochaine, empaillée
hier, dans un album
et maintenant, si long.
Les yeux à l’intérieur
les sens en quarantaine
et les désirs d’ailleurs
une rive lointaine.
Marcher le long de soi
éviter les passants
regarder vers le haut
et souhaiter les genêts, les sapins, les chemins
où respirer en grand,
encore, encore un peu :
être vivant
sans laissez-passer.


MARS . AVRIL . MAI – 2020 Trois mois pour se souvenir de la morale de monsieur de La Fontaine
    »Patience et longueur de temps
    Font plus que force ni que rage »

Ce génie avait tout compris quand il évoquait la peste en disant« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ».

Trois mois ; comment ne pas songer à Lamartine qui présentait cette supplique : « O temps, suspend ton vol ! »
Trois mois ; hommage aux si beaux vers d’Apollinaire …
    »Vienne la nuit sonne l’heure
   Les jours s’en vont je demeure …
   Passent les jours et passent les semaines »


Trois mois avec vous ; PAGE OUVERTE – MJC – voulait simplement reprendre les paroles de Jacques Chancel « Il ne faut pas donner au public ce qu’il aime, mais ce qu’il pourrait aimer ».
Trois mois avec vous ; une autre façon de venir à la MJC – ST CHAMOND – pour échanger, lire, faire poésie ensemble, être curieux, ne pas rester indifférent, mais surtout découvrir ce que tu ne cherches pas.

A bientôt, toute l’équipe vous remercie ….. les mystères du monde dansent devant nous ; la vie nous invite à entrer dans la danse ….. alors dansons !


Vendredi 1er Mai

— Les nouveaux gestes barrières qui consistent à se moucher dans un mouchoir à usage unique (à jeter uniquement dans une poubelle) viennent perturber cette pratique mnémotechnique : FAIRE UN NOEUD A SON MOUCHOIR pour ne pas oublier, pour se rappeler que nous avons quelque chose à penser.
— Nouveaux modes de vie, nouveaux gestes ! –
Mon Journal Couramiaud vient de faire breveter le premier pense-bête anti-virus : FAIRE UN NOEUD A SON STYLO.


PAGE OUVERTE – MJC – préfère écouter le poète Henri Gougaud, « On n’oublie jamais ce qu’on aime ».

— Ami(e)s de la poésie bonjour, ami(e) de la MJC, pour vous, un brin de poème –
« La colère, c’est cracher du lilas à la gueule des orties » Alain Leprest.
Aujourd’hui premier mai 2020, un brin de muguet suffira-t-il à notre bonheur ?
« L’heure c’est l’heure ; avant l’heure, c’est pas l’heure ; après l’heure, c’est plus l’heure » Jules Jouy.
— Etre à l’heure, prêt !!! Tournons le dos à tous les fossoyeurs de nos petits bonheurs, tous les aboyeurs du « yaka-faukon ». OUI, parfois la poésie peut-être insolente, cela fait trop longtemps que vous nous faites Gier. Dans nos coeurs coule l’eau fraîche du Gier ; n’oublions jamais de remonter à la source pour trouver l’eau de vie.
OUI, au port du masque obligatoire.
NON, personne ne peut nous obliger à écrire au tableau noir des journées confinées.
Il fera beau demain, si aujourd’hui, nous sommes capables de labourer nos coupables silences. Aimable refrain d’un ciel étoilé qui nous annonce : l’essentiel est de garder en mémoire les verbes VIVRE, AIMER, AGIR.
Etre à l’heure, prêt !!! Depuis quelques semaines, c’est la grande promotion du siècle, des affaires à tous les rayons. Consommateurs, remplissons nos congélateurs de promesses, mensonges en tout genre, affirmations ou contradictions. De toute façon, la décongélation connaîtra son heure ; déjà une mauvaise odeur se fait sentir.
Coluche est toujours là pour nous alerter « on s’autorise à penser dans les milieux autorisés… ». Toujours d’actualité les propos du célèbre dialoguiste Michel Audiard « Pourquoi certains n’auraient pas tout ? Il y en a qui n’ont rien. Ca fait l’équilibre »
« Ce n’est pas parce que l’on n’a rien à dire, qu’il faut ouvrir sa gueule ».
— Un air de manif, un petit vent revendicatif
souffle dans les mots de cet édito ;
1er MAI oblige !!! –

— CONSTRUISONS ENSEMBLE LES ANNÉES D’APRÈS – Etre à l’heure, prêt !!! –

— Avant de partager « les vers de l’amitié », ouvrons la rubrique « A la découverte des livres ».
§ En cette période de dérèglement planétaire, urgence de penser à notre Terre, PAGE OUVERTE vous conseille l’incontournable livre de Masanobu Fukuoka « La révolution d’un seul brin de paille » Ed Guy Trédaniel – « C’est un récit sur l’agriculture mais pas seulement. Un témoignage philosophique sur la place de l’homme dans la nature ». « Ce qu’il faut retenir de cet ouvrage, c’est que nous gagnerons à devenir humbles »
§ Pourquoi faut-il relire La Peste d’Albert Camus ? Dans ce roman, on retrouve tout l’humanisme d’Albert Camus. L’auteur « nous propose une profonde réflexion sur les comportements adoptés par une société lorsqu’on restreint ses droits ». « Tout le monde était d’accord pour penser que les commodités de la vie passée ne se retrouveraient pas d’un coup et qu’il était plus facile de détruire que de construire ». Camus
§ Au moment de choisir un livre, suivons le conseil de Jean Cocteau « Un beau livre, c’est celui qui sème à foison des points d’interrogations ».

— PAGE OUVERTE vous invite à partager deux poèmes d’El.Djouar tirés de son recueil Errilience – « De l’errance à la résilience » Ed EMCC –
En 2019, cette poétesse était présente au Salon du Livre de St Chamond, organisé par la MJC et Les Pas d’Accord.

LE DOUTE

Parfois je doute
Et ce doute m’envahit
Trace un vide dans ma vie
Plus rien n’existe
Je suis vide
La confiance, l’assurance
Sont mises au pilori
Pilori de mes doutes
L’incertitude s’installe
Et moi je cale
J’attends une parole
Un mot … une phrase qui me rassure
Qui me rende l’envie
Le soleil dans ma vie

LES MOTS

Ils peuvent être de velours
Ou bien encore de fer
Se taire ou se défaire

Lorsqu’ils se font miroir
Ils renvoient à l’histoire
Lorsqu’ils se font reflets
De mes quelques pamphlets
Lorsqu’ils se font brutaux
Ainsi de tous mes maux
Lorsqu’ils se font de reste
Ils disent ma détresse
Ils se couvrent d’azur et parfois d’amertume
Les mots des maux


Aujourd’hui, une contribution de Gautier Marchado, fidèle acteur de la MJC et metteur en scène de la Companie Parole en Acte.

Je voudrais partager avec mes amis Facebook, dont beaucoup sont du monde de la culture, mais pas seulement, une petite réflexion (une petite pierre à l’édifice) sur une expression que l’on entend beaucoup en ce moment : la notion de ce qui est « nécessaire à la vie de la nation ». En effet, le confinement empêche des domaines variés de s’exercer normalement. Je pense aux commerces, aux restaurants, aux activités associatives etc … et bien sûr, la culture, considérée donc comme de ces domaines, « non essentiel à la vie de la nation ». Bien évidemment, en ce moment, les professions médicales et de soins, de la propreté, les personnes qui travaillent sur les chaines de l’alimentation, de la production à la vente, les enseignants etc … évidemment qu’ils sont essentiels, et le pays ne pourrait pas fonctionner sans eux. Mais il me semble important que l’on soit vigilant. La culture n’est-elle pas, elle aussi, essentielle à la vie d’une nation ? N’est-ce pourtant pas dans cette idée que nous nous battons tous les jours ? Si elle n’est pas essentielle, alors supprimons-là, ou du moins, taillons dans le vif d’une culture qui pour de nombreuses compagnies, associations, festivals, va déjà sortir fracassée de cette crise. Où est-il le temps – l’idéal – où la culture devait être comme l’eau ou le gaz, c’est-à-dire un service public ?
Au lieu de parler de chose non essentielle, disons plutôt : les activités qui n’ont pas pu continuer pour des raisons de sécurité, parce qu’elles consistent en un rassemblement de personnes par exemple. C’est plus long, certes, mais c’est plus juste.
Méfions-nous des mots. Ceux du pouvoir sont insidieux.
Peut-être (sans doute) serons-nous (encore) sommés de justifier l’existence d’un système culturel français tel que nous l’avons connu, et avec des arguments face à nous toujours plus pervers (le pays tourne bien sans nous après tout). Sommés de prouver que la culture, elle aussi, est essentielle à la vie de la nation.
Gare au « monde d’après »…

Gautier Marchado

« Le langage, aujourd’hui, dans bien des cas, se ramène à un pur et simple instrument de communication. Pourtant, il ne saurait se résumer à cela […] C’est l’analyse des mots détériorés par l’Etat et la société qui, toujours, aide à comprendre l’esprit des temps, à dire la vérité d’une époque. Les mots, toujours, disent la vérité de leur temps » (Frédéric Joly in « La langue confisquée, lire Victor Klemperer aujourd’hui » Edition Premier Parallèle).


Tous mes remerciements également à Jean-Lou Vivier un fidèle de la MJC.

1er ou 3 Mai 2020

Muguet bonheur, muguet chicaneur …
Fouilla, les z’infos, c’est de pire en mieux ! D’jà avant, les pisse-copies y débagoulaient des basseuilleries
(*) à qui mieux-mieux, maînant voilà qu’ces fleurs d’andouilles y font de l’esprit. L’aut’jour à France-un-faux, y en a un qu’a osé : « Avec le confinement, on ne peut plus se réunir, même les mariages ne sont pas à la noce … » Nom de gu, j’ai pété un boulard, j’ai balancé ma radio et ma TV par l’cafuron, c’est pu’ possib’ ! Hâreusement, not’ préfet venait juste d’annoncer que les ceusses qu’avaient un jardin ouvrier pouvaient y r’tourner, tention, sans tenir caquetier(*) âcque ses voisins. J’ai mis mon vieux tab’ier de franc-tireur et j’ai filé me met’ à l’écart des cons 18 carats. On est mieux tranquille au miyeû des hoche-queue(*) et des pimpignolles(*). Mon carré était à la garibandaille(*), il a fallu enlever les raches(*) et tout revorger(*). Pour retrouver de l’émerveillement, rien de mieux que d’bêcher les poreaux ou les scorcenères avec un vieux feutre su’ la tête. Pour sûr, la terre est basse, alors 5 minutes à l’ouvrier, on pose son gras(*) dans la bourouette et on mouillanche la meule(*) âcqu’une fiolette d’Antésite. Au jardin, rien ne presse ici, jamais ! Non, jamais !
Moi, c’que j’préfère c’est faire pousser des fleurettes : des jeannettes
(*), des cocumelles(*), des aimez-moi(*) ou des brins fraternels de muguet pour le 1er mai.
Comme disait l’Mathieu Fournier, instituteur Couramiaud, dans son roman de 1939, Les Forgerons :
« Un bouquet de violettes, pour le peuple, c’est tout ce qui, en un mot, fait battre le cœur des humbles … »

  • Débagouler des basseuilleries : dire des bêtises
  • Tenir caquetier : discuter
  • Hoche-queue : oiseau
  • Pimpignolle : coccinelle
  • A la garibandaille : en désordre (patois)
  • Rache : mauvaise herbe
  • Revorger : bêcher
  • Poser son gras : s’assoir
  • Mouillancher la meule : se désaltérer
  • Jeannette : jonquille
  • Cocumelle : primevère
  • Aimez-moi : myosotis

PAGE OUVERTE – MJC – et l’ami JM-G vous saluent et vous proposent « un petit dernier pour la route ». BONNE SEMAINE.

Libertaire oblige
Des douzes mois de l’année
Celui que je préfère
C’est le joli mois de mai
« En mai fais ce qu’il te plaît »

Muguet,lilas
Libertaire oblige
Je préfère les orties
Qui prolifèrent
Sur les terrains vagues
Vous avez dit, mauvaises herbes ?
Monsieur Hugo vous répond
« Il n’y a ni mauvaises herbes,
ni mauvais hommes,
il n’y a que de mauvais cultivateurs ».

Mauvaises herbes
Des mots insensés
Comme par-delà l’impossible
« Poésie » du verbe « poiein »
Créer
Construire


Ami-e-s lecteurs
Le 11 mai
Ouvrons les dictionnaires
Cherchons ensemble
Les mots pour s’engager

« L’impossible recule toujours quand on marche vers lui » St Exupéry


Vendredi 24 Avril

BONJOUR A TOUTES ET TOUS ; PAGE OUVERTE -MJC- VOUS SOUHAITE BONNE LECTURE :

Pas une radio, pas un journal, pas une chaîne de télévision ne manquent de nous informer sur les moyens de rester en bonne condition physique durant cette longue période de confinement.
Mon Journal Couramiaud ne veut pas rester à la traîne ; toute l’équipe vous propose quelques conseils simples, à la portée de toutes les bourses.

  • A vos stylos, écrire environ une demi-heure par jour renforce notre système immunitaire.
  • Lire, lire ; profitons de notre temps libre pour nous « enlivrer ». DES LIVRES TOI !!!!!!
  • Pratiquons régulièrement un peu d’exercice physique, apprenons par cœur une récitation ; c’est excellent pour le muscle cerveau et en plus vous redonnez le sourire à Jean-Lou car de son temps … !!!
  • Ne passons pas à côté de petits plaisirs, la découverte d’un CD oublié au fond d’un tiroir, téléphoner à un ami qui attend notre appel depuis des mois, profitons du soleil, ouvrons largement nos fenêtres pour nous enivrer des parfums d’un matin de printemps.
  • Écoutons Albert Camus « Créer, c’est vivre deux fois »
  • Gardons le lien, PAGE OUVERTE – MJC – se réjouit de vous retrouver en toute amitié.
    « La lecture est une amitié » nous rappelle Marcel Proust. La lecture a ceci de commun avec les ami(e)s, ils peuvent nous rendre meilleurs, tout est question du choix.
  • Ne nous privons pas de poésie, « La poésie est naturelle. Elle est l’eau de notre seconde soif » Andrée Chedid

AMI(E)S DE LA POÉSIE, nous avons toutes et tous la voix d’un poème qui continue de résonner en nous.
Au hasard, nous vous proposons les vers d’Eluard.

— LIBERTÉ —

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

— — — — —

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
LIBERTÉ


La poésie avance à contre-courant de cette époque qui associe trop souvent exigence avec performance ou tiroir- caisse. La poésie « … Comme une insurrection de la connaissance contre tout ce qui enjoint, simplifie, limite et décourage » – Jean-Pierre Siméon
La poésie dérange parce qu’elle ne sert à rien – J-M G
La poésie qui crie sur les murs de nos cités ; non pour les salir, juste pour nous dire ….. « Au pays du rêve, nul n’est interdit de séjour » – Julos Beaucarne
La poésie ….. « est une clameur, elle doit être entendue comme la musique. Toute poésie destinée à n’être que lue et enfermée dans sa typographie n’est pas finie ; elle ne prend son sexe qu’avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l’archet qui le touche » – Léo Ferré –
Cette citation est l’occasion de saluer notre ami Henri Marquet, membre actif du groupe des Pas d’Accord ; il nous propose, la poésie ….. « est un couteau qui sert à faire des ronds dans l’eau »

Pour rester dans le cercle des ami(e)s, PAGE OUVERTE a le plaisir de partager avec ses lecteurs un texte de Paulette Gillet, une longue réflexion sur PLAISIR DE LIRE …..
« Pour les enfants, le fait d’apprendre à lire (déchiffrer l’écriture) est souvent considéré comme une seconde naissance. Certains franchiront l’étape suivante : aimer lire. Les « mordus » de lecture ne le sont pas par snobisme (« Il y a des gens dont la vanité se mêle de tout ce qu’ils font, même de leurs lectures ») déplorait Marivaux, mais par passion. Quoi qu’il en soit, selon Lanson ; « Tous les secours de l’érudition et de la critique, toute l’écriture amassée autour des textes ont pour fin dernière la lecture personnelle des textes ». La Bruyère se réjouissait « qu’une lecture vous élève l’esprit » ; en tous cas, elle l’ouvre !

On lit pour fuir la solitude et l’ennui, pour découvrir, s’instruire, penser, méditer, imaginer, rêver, éprouver émotions et sentiments. Il se crée des liens entre l’auteur et le lecteur (Baudelaire l’appelait « Mon semblable – mon frère -«  et Stendhal regrettait de ne pas connaître ceux qui le lisaient : « J’eusse trouvé tant de plaisir à passer les soirées avec eux ! »)

Mais surtout la lecture réunit les lecteurs. Que de livres achetés, offerts, prêtés, commentés, discutés ! Chacun de nous complète en quelque sorte le livre et comme le disait A. de Tilly : « Il y a presque toujours dans un livre médiocre de quoi en faire un bon ».

Comme une musique, un tableau, une pièce de théâtre, un film ….., une oeuvre écrite vit essentiellement grâce au public. Quels que soient nos goûts et notre âge cherchons à l’infini dans les librairies et les biblio-thèques de quoi faire notre bonheur ! »


PAGE OUVERTE – MJC – vous invite, sans sortir de votre appartement ou de votre maison, à un voyage au coeur de l’Afrique. Les Dogons nous accueillent en compagnie d’Erik Orsenna – « A force d’écouter et de regarder ; les Dogons savent les secrets du fleuve et ceux du sable. »
Ce sont des gens qui ont tout compris du monde. Les plus grands peintres viennent séjourner chez eux pour tenter de peindre leurs rêves. Dans la langue des Dogons, le mot « SOY » veut dire étoffe, tissage. Et aussi parole.
Celui qui parle, tisse ». « SOY » sera donc le mot de la fin ou le début d’un poème …… Nous quittons rassurés, la poésie nous aime.

A la semaine prochaine, pour un nouveau rendez-vous le jeudi 30 avril ; d’ici là soyez prudent, PAGE OUVERTE vous aime.


Mercredi 22 avril : Bonjour ami(e)s des mots partagés.

Depuis deux mois, terminé le café du matin en compagnie des bons copains.
La parole à Jean-Michel Ribes « Là où disparaissent les bistrots, c’est une catastrophe, on manque d’air !… L’espace communautaire des bistrots est un endroit libre qu’il faut préserver. Il faut réensemencer ces lieux de parole et de rencontre ».
Même Ferrat nous le chante ……. « Les petits bistrots c’est comme un béguin ——- Toujours on y revient ——- Dans les p’tits bistrots ».

Alors aujourd’hui, la MJC – ST CHAMOND – vous invite « à prendre un vers ». Tavernier, s.v.p deux poèmes sur le compte de PAGE OUVERTE – MJC – !!!!!! Les conversations vont bon train ; le « foot » est rangé au fond des placards, la star du moment, c’est la CRISE. Crise sanitaire, économique, humanitaire, crise écologique ; « ça crise de partout ». La crise tisse sa toile ; contrairement aux langues occidentales, la crise en japonais s’écrit avec deux idéogrammes qui ressemblent à un oxymore. L’un signifie, chaos ; l’autre, opportunité.
Pour le chaos, écoutons le poète Hölderlin « Mais là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ». Pour l’opportunité, ouvrons simplement le dictionnaire à la lettre D ; D comme discernement. Le discernement, c’est avoir la lucidité de choisir ce qui a de l’importance et ce qui n’en a pas. Une occasion de lire Pierre Autin-Grenier, « toujours prêt à défendre l’indépendance et l’impertinence du poète face à la bonne conscience ambiante » …… « Quand on n’entend plus un seul chant d’oiseau, peut-être sera-t-il bien tard pour s’apercevoir qu’il n’y a plus d’arbre ». A propos d’arbre, relisons « le grand chêne » – Brassens – « La seule révolution possible, c’est d’essayer de s’améliorer soi-même, en espérant que les autre fassent la même démarche. Le monde ira mieux alors « 

Le proverbe nous le rappelle « chose promise, chose due » ; alors à toi l’accordéoniste du Pilat, le troubadour du Gier, nous sommes prêts, les oreilles grandes ouvertes ; « ARBRE ECOUTE-MOI », paroles d’une chanson de Pascal Roziak

Arbre, écoute ma peine
Arbre, écoute ma joie
Sang coule dans mes veines
Sève coule dans ton bois
Arbre, écoute ma peine
Arbre, écoute ma joie
La même vie nous entraîne
Arbre écoute-moi



Toi qui tant de nuits d’hiver
Heureusement m’a réchauffé
Gloire à ton ombrage qui m’a couvert
Du soleil brûlant de l’été

Sous ma table toi tu mets les pieds
Dans mon lit toi tu dors avec moi
Tu étais le bois qui m’a bercé
Dans mon cercueil encore tu seras là

Mon arbre apprivoisé
Accepte la caresse de mes mains
Je sens ton écorce trembler
Entends-tu donc ce doux refrain

Facebook du Parc Naturel Régional du Pilat

Vous pouvez retrouver Pascal Rosiak accordéoniste du groupe ALKABAYA à écouter sur YouTube ; à retrouver sur le site www.alkabaya.com.


« Prenons une grande respiration et venons plonger au cœur des sentiments et des relations humaines »
En cette période de confinement Page Ouverte a fait le choix d’un poème tiré du recueil « En quête de…. » S. Hopsie.

Il est possible de se procurer ce livre au Comité des Fêtes de St Chamond – 04 77 19 63 98 – ou se renseigner à la MJC de ST Chamond – 04 77 31 71 15-

— A livre ouvert —

Prenons le temps d’ouvrir une nouvelle lecture
S’avancer tranquillement dans cette belle aventure
Rentrer petit à petit en soi
Faire abstraction de ce que l’on perçoit
Vivre à présent
Profiter pour capter l’instant
Celui où en nous-même s’installe la paix
L’esprit flottant à souhait
Au fur et à mesure de la trame
Creusant au plus profond de l’âme
Quand l’intrigue bat son plein
Apaisante mais ardente tel un parfum
Le dénouement viendra enfin
Refermer sur ces pensées, les pages de cette histoire
en son sein


PAGE OUVERTE -MJC- vous donne rendez-vous vendredi 24 avril, jour de la Saint Fidèle ; d’ici là belle journée, belles lecturessssss.


Aujourd’hui 17 avril ; numéro 8 de Mon Journal Couramiaud- MJC St Chamond –
Bonjour aux amoureux des mots, de la poésie, à celles et ceux qui ne font que passer. Veuillez entrer, ne restez pas dehors ; PAGE OUVERTE vous tient la porte de la maison.

Sur le fronton de mon école primaire « Ecole élémentaire publique Condorcet – 6 rue A. Musset – LYON 3ème » était gravée la phrase suivante : un groupe scolaire où l’on enseigne l’amour de la patrie, de l’humanité et de la paix – 1936 –
1936-2020, voilà quatre vingt quatre années que la même bêtise, le même obscurantisme secouent notre monde de convulsions violentes.
L’AMOUR DE LA PATRIE. Combien est belle la définition de Voltaire « La patrie est là où on vit heureux ». Autorisons nous de rajouter « où on vit heureux » et en PAIX.
L’AMOUR DE L’HUMANITE. Au moment d’écrire ces quelques lignes, je me sens déboussolé par cette généreuse idée ; une vielle histoire qui ressemble plus à des roses fanées (Naturellement, toute ressemblance avec des
fleurs existantes et utilisées par un parti politique, serait purement fortuite) Des jonquilles peuvent faire l’affaire. Il y a URGENCE de changer l’eau du vase ; comme une odeur d’eau croupie.
Une trop vieille histoire, qui de nos jours se résume à cent quarante signes de prêt-à-penser tweetés.

URGENCE, de se poser la question. Pourquoi y-a-t-il de la musique, de la poésie, partout où il y a de l’humain ? La poésie ne se contente pas d’être uniquement dans un effet d’annonce. La poésie a le talent de rassembler, de
de se détourner de l’intérêt individuel. Au moment où souvent, la politique fait son fond de commerce de tous les mécontents, où des professionnels de la parole nous présentent la crise économique, les inégalités, les
dérèglements écologiques, comme une sorte de conte des temps modernes. Il était une fois, une planète qui se réchauffe pendant que des hommes érigent de partout des fils barbelés.
URGENCE, URGENCE d’écouter la poésie ; mais pas que !!!!!!!!

« La poésie, c’est la voix des Absents aussi
Comme la justice est la voix de l’humanité aussi
Comme la liberté est l’oxygène de la paix aussi »


Hala Mohammad, poétesse syrienne réfugiée à Paris.

Sans autre forme de discours, posons-nous la question avant qu’il ne soit trop. Pouvons-nous vraiment vivre dans un monde sans abeilles ? Sans poésie aussi …. Il y a ceux qui répondent oui. Ceux qui répondent non, pour être sûr de rien ; ceux pour qui le silence fait rempart contre la peur.
A la MJC de ST CHAMOND, nous inscrivons la poésie dans notre catalogue d’activités car ce mot favorise le « FAIRE ENSEMBLE » ; il incarne la créativité, l’engagement, l’imaginaire et la capacité de s’adresser à toutes et tous.


Il est temps de partager quelques poèmes. Aujourd’hui, PAGE OUVERTE – MJC – vous invite à courir en compagnie de Jean-Luc DENIS. Ancien directeur du Centre Social et Culturel de Lavieu -St Chamond-
« Quand écrire rime avec courir » ….. « Courir pour avancer moins vite et prendre le temps du rêve … »

— Femmes d’ Afrique —

Femmes d’Afrique
Croisées sur les pistes
Nous avec une casquette
De trente grammes
Sur la tête
Vous en quête d’eau
Ou de bois
Pour le fourneau
Coiffées d’un fardeau
De trente kilos
Bébé sous les épaules
Et le poids
Du monde entier
Au-dessus
Femmes d’Afrique
Hymne à la dignité
Trésor de l’humanité

— P’tits métiers —

Récupérer transformer
Réparer modifier
Multiplier rafistoler
Recréer et faire durer
Les rues du monde sont peuplées
De p’tits métiers
Qui font pousser
La société

Un jour en Bolivie
Un jeune indien m’a abordé
Mes baskets voulait cirer
Mais vois-tu Josélito
Ton produit n’est pas blanco
Il a dit ok gringo sans insister
Trois heures plus tard a rappliqué
Sourire gravé jusqu’aux oreilles
Et cirage blanc plein la corbeille
J’espère juste que l’argent gagné
Pour s’inscrire à l’école l’aura aidé

Les rues du monde sont peuplées
De p’tits métiers
Qui font pousser la dignité

Merci Jean-Luc, toujours disponible pour aider les autres ; nous espérons te retrouver prochainement et faire un bout de chemin ensemble, nous retrouver « HUMAIN C’EST TOUT »


Ne changeons rien à notre bonne habitude ; un petit dernier pour la route. Aujourd’hui, partageons la poésie de notre ami Jean-Claude Reynaud. De Rive de-Gier, il vient souvent nous rendre visite à la MJC.
Un bonjour amical ; réservé, il écoute beaucoup, curieux de tout . Merci Jean-Claude, espérons te revoir le plus tôt possible.

Deux poèmes tirés du recueil « Flâneries d’un rêveur »

— Eté —

Dans le matin
Qui s’éveille
Tends l’oreille

Par les chemins
Et raccourcis
Où tout revit

D’un soleil d’or
faisant mon coeur
S’abandonner
L’oiseau chanter
La fleur songer

Au bel été
Réinventé

— L’arbre —

Un arbre ça vit
Au vent ça frémit
Son feuillage danse

Un arbre ça pense
Et j’en ai conscience
C’est spirituel

L’arbre a ce réel
Et en tant que tel
Même il semble un Dieu

Dressé de son mieux
Fier et ombrageux
Embrasant l’espace

Et mon âme lasse
Aime cette place
Où sous lui rêvant

Je m’étend souvent

A la semaine prochaine ; bon samedi, bon dimanche ; n’oublions jamais, LA POESIE EST ENCORE PLUS BELLE QUAND ELLE EST PARTAGEE .


Aujourd’hui jeudi 16 avril 2020, Mon Journal Couramiaud est heureux de vous retrouver pour un numéro particulier. PAGE OUVERTE – MJC ST CHAMOND – s’honore de la visite de Jean-Lou VIVIER, célèbre écrivain, poète ligérien, membre actif du Groupe des Pas D’Accord. J.L Vivier abandonne le temps d’une chronique les matrus de la vallée du Gier, les caillons du Pilat, et le « pépé de Saint-Cham » ; partageons avec nos lecteurs ce billet d’humeur ; du fond du coeur, remercions l’auteur.

Trêve des confineurs :


Ouvrez bien vos étagères à mégots, on va causer.

On en a ras l’pif de ce scénar !
Salut les copauds, douyou rimanbeur l’ancien temps ? On s’poilait quand on voulait, on ripatonnait dans les alpages et pis on allait s’farcir la dîne, c’était aux petits oignons. On était libre quoi, les aminches, une baguette, un sifflard, un claquos et un kil de rouquin doux comme un déménageur. On avait pas un radis dans les fouilles mais on était les dabs.

Depuis cinq semaines on est lourdé ent’ quat’ murs à s’faire des z’abdos kronembourg, rapport au con-vide. Si t’es mouizard et que tu chopes la pécole, au début t’as la crève et t’es ensuqué, après tu pisses des lames de rasoirs en travers, tu tombes en digue-digue et tu finis par dépoter ton géranium en enfilant un paletot en sapin. Pas d’çà Lisette, Zobi la mouche !

Comme les pisse-copies de la téloche y z’ont dit qu’y fallait porter un masque, j’ai enfilé mon bermuda en tergal et j’ai décrassé d’la carrée pour aller en griffer un chez mon coupe-chiasse en bas d’la rue.

Le vieux gommeux était pas là, une veine, j’suis tombé su’ la pharmacienne. Une bourgeoise sans souci la violette qu’a toujours l’feu au réchaud : un peignoir au ras de l’abricot, des dodoches qui flottent au gré et des miches à déconstiper les chevaux d’bois. Elle a juste un tite’ coquetterie, elle a un œil à Paris et l’autre à Pontoise. Derrière son tiroir-caisse, ê commence à m’phrasicoter : « kesse qu’y lui faudrait à c’mignon ? » J’lui ai souri de mes trente-deux tabourets fourbis à l’émail diamant et j’ai bavé : une brouette de zanzibar, non pardon, des masques, c’est ça, je cherche des masques contre la castapiane. En tortillant du valseur ê m’balance : on en a pas, faut aller voir en ville. J’ai galoché la rombière, mais bon, pas l’temps de s’endormir su’ l’rata, j’ai mis les flubes.

Bon allez j’vais au masque !

Manque de vase, à peine sorti du magaze, j’suis argougné au colbac su’ le macadam par une tierce d’argousins. L’adjupète, un parigot à gros bec, s’avance avec sa tête en skaï et y commence à m’chanter ramona : « Alors l’cambrousard hébété, nous ne sommes pas dans le même camp, votre attestation de déplacement dérogatoire sinon c’est la gardave… » Su’ l’coup j’ai eu un coup d’flou. Le péteux, prêt à tout et bon à quedal, me chiait un sablier pour un papelard. Le style cloporte à l’ancienne, tout dans l’falzard, rien dans l’cigare. A côté de lui, Frankenstein, avait tout du gigolpince.

Bref! J’y ai dit : « Ecoute-moi bien fesse d’huître, t’es pt’êt un supercrack chez parapluie et avec ta tronche plate tu ferais sûrement un carton à la fête à Neuneu, mais tu commences à m’courir su’les osselets. Ta terrine en gelée de con, j’m’en beurre les noisettes, alors mets-là au point mort, gros, et épargne-moi tes impressions conifiantes ! En pus’, tu daubes tellement du claque-merde que quand tu causes ça fait courant d’air avec les chiottes. Aussi sec, j’y ai servi une soupe de phalanges et j’y ai mis un coup de targette dans les balloches, histoire de fignoler. L’maton, il est rentré chez lui avec les patates au fond du filet. C’est vrai quoi, moi j’fais un 13 de tension, mais seulement jusqu’à temps qu’on m’emmerde pas !

Bon allez cette fois j’vais au masque.

J’ai consulté ma toquante et j’ai filoché au patelin sur ma meule. En arrivant à « Farces et attrapes Béribéri et Cie » maison de confiance, et tout l’toutim, le mironton s’est défoncé pour m’trouver un masque. En carton, plastique, silicone, rien que des bouilles de politicards connus, des loufs, des enfifrés mondains, des gouapes en cols blancs, des fleurs de naves. Ben mon gazier c’est pas avec ces gueules d’empeigne que j’vais m’protéger la truffe… Un sapré chizbroc c’virus !

J’ai tiré l’échelle et j’su’ r’monté sur ma trottinette à macchabées, sans masque. En arrivant dans ma canfouine mansardée, j’me suis tortillé une ration de tord-boyaux. Au pageot, j’ai travaillé du bigoudi en gambergeant à la belle journée de distanciation sociale de demain et en rêvant au déconfinement, haze soune haze possibeûle.

Un riverain suspect.


« Je suis un privilégié de l’oreille,
je fais écho, je percute.
Ma seule et modeste ambition:
fixer quelques instants ce langage,
qui sans nous, ce serait dommage,
se perdrait à jamais ».
Alphonse Boudard


Changeons d’horizon pour partir à la rencontre du chanteur Renaud, qui depuis ses débuts nous a habitués à une langue riche en argot et en verlan.
Retrouvons notre auteur-compositeur-interprète dans un très beau texte :

– LES MOTS –

C’est pas donné aux animaux
Pas non plus au premier blaireau
Mais quand ça vous colle à la peau
Putain qu’est-ce-que ça vous tient chaud
Écrire et faire vivre les mots
Sur la feuille et son blanc manteau
Ça vous rend libre comme l’oiseau
Ça vous libère de tous les maux
Ça vous libère de tous les maux

C’est un don du ciel, une grâce
Qui rend la vie moins dégueulasse
Qui vous assigne une place
Plus près des anges que des angoisses

Poèmes, chansons, brûlots
Vous ouvrent des mondes plus beaux
Des horizons toujours nouveaux
Qui vous éloignent des troupeaux
Et il suffit de quelques mots
Pour toucher le cœur des marmots
Pour apaiser les longs sanglots
Quand votre vie part à vau l’eau
Quand votre vie part à vau l’eau

C’est un don du ciel, une grâce
Qui rend la vie moins dégueulasse
Qui vous assigne une place
Plus près des anges que des angoisses

Les poèmes d’un Léautaud
Ceux d’un Brassens, d’un Nougaro
La plume d’un Victor Hugo
Éclairent ma vie comme un flambeau
Alors gloire à ces héros
Qui par la magie d’un stylo
Et parce qu’ils font vivre les mots
Emmènent mon esprit vers le haut
Emmènent mon esprit vers le haut

C’est un don du ciel, une grâce
Qui rend la vie moins dégueulasse
Qui vous assigne une place
Plus près des anges que des angoisses
Qui vous assigne une place
Plus près des anges que des angoisses

Laurent Deloire

Renaud – Les mots (Clip officiel)


Rendez-vous demain, vendredi 17 avril pour le troisième échange de la semaine ….. bonne lecture ; continuons de respecter les consignes de sécurité pour notre santé et celle des autres.

L’Equipe PAGE OUVERTE de votre MJC vous souhaite une belle journée.


Mercredi 15 avril – Bonjour, nous espérons vous retrouver en forme pour le numéro 6 de Mon Journal Couramiaud – PAGE OUVERTE – MJC – quelques coups de griffes pour une lecture partagée avec vous. Oublions un instant les trop nombreuses élucubrations médiatiques, des paroles … des paroles superficielles et contradictoires ; l’occasion d’un nouveau rendez-vous pour partager quelques mots par temps de confinement.

Dans un entretien accordé au journal l’Humanité le premier septembre 2015, Juliette Gréco déclare « Il faut retrouver le chemin de la paix de l’âme, de la pensée ».
« IL FAUT SE BATTRE POUR LE BONHEUR »
J. Gréco, cette légende de la chanson a interprété cette belle composition de Charles Trenet »L’Ame des Poètes »

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
La foule chante un peu distraite
En ignorant le nom de l’auteur
Sans savoir pour qui battait leur coeur
Parfois on change un mot, une phrase
Et quand on est à court d’idées
On fait la la la la

LA LA LA LA … Quelques politicien-ienne-s, quelques scientifiques, intellectuel-elle-s, ainsi que de nombreux « sachants » savants, devraient essayer ce mot de passe pour réparer notre vieille planète. Perchés trop haut, ils oublient de voir le monde tel qu’il est.
Celles et ceux qui ont rayé de leur vocabulaire cette simple et sage affirmation « je ne sais pas … » finissent par nous donner le tournis. Eux aussi devraient vraiment reprendre en coeur LA LA LA LA, ce refrain contient peut-être la sagesse de « l’Homme qui plantait des arbres ».
Les belles dames, les beaux messieurs qui viennent faire genre sur les plateaux télé, devraient écouter LA LA LA LA, quelques notes de musique qui se font l’écho d’une sagesse millénaire.
LA LA LA LA, c’est un chant révolté qui continue de résonner dans les rues de Lyon. Il appartient à Jean-Marc Le Bihan, chanteur de rue qui « aimait mieux le vent que l’argent ».
LA LA LA LA, c’est peut-être la sagesse d’un souffle poétique qui redonne sens et goût à la vie.
Mais depuis un mois, LA LA LA LA, une nouvelle façon de dire MERCI, et d’envoyer des BRAVOSSSSS à tous les hôpitaux qui sauvent des vies.


Le coronavirus, c’est la burle qui vient balayer des vies, bouleverser notre quotidien, fragiliser nos sociétés, réveiller des peurs, des angoisses … Le covid-19, nous impose des temps nouveaux, nous oblige à faire des choix, à se questionner, à nous souvenir.

– « J’ai fini par ne plus m’ennuyer du tout à partir de l’instant où j’ai appris à me souvenir. Je me mettais quelquefois à penser à ma chambre et, en imagination, je partais d’un coin pour y revenir en dénombrant mentalement ce qui se trouvait sur mon chemin ». Extrait de L’étranger – Albert Camus.

PAGE OUVERTE, vous conseille la lecture du livre « Petit éloge des souvenirs » – Mohammed Aïssaoui – Edition Folio – 2 euros – Ouvrage en vente dans les bonnes librairies. Une occasion de téléphoner à la Librairie PLAISANCE à Saint-Chamond pour commander ce recueil.


PAGE OUVERTE peut se charger de cette démarche. Petit rappel PAGE OUVERTE – tél : 06 66 33 41 24 –

Qui mieux que notre libraire Cécile Saez-Roittino pour présenter « MA LIBRAIRIE » texte écrit en janvier 2016 pour le journal 4+UNE …

« Lorsque j’ouvre la porte de la librairie, j’aime sentir le parfum des livres, l’encre a ceci de particulier, c’est qu’elle envahi l’espace dans lequel elle se trouve.Son odeur imprègne les murs et l’ on est comme dans un cocon douillet.
L’endroit est calme encore, je déplace quelques livres, leur couverture appelle la main qui aime à se promener. Il faut ranger, pour donner envie au lecteur de prendre ce livre, pour l’interpeller. Dans la librairie tout n’est que couleur, il fait les marier harmonieusement.
J’éclaire les salles afin de donner plus d’éclat à l’ensemble, la lumière pour la lumière des livres.
Enfin j’ouvre la librairie au public, j’aime ce moment où l’on peut dire « vous trouverez du rêve, des histoires, du savoir, tout ce que l’on peut partager … »
Une journée dans la librairie n’est jamais la même, les lecteurs apportent tous leur différence. Il faut savoir les conseiller, les guider vers le livre qui leur plaira, qui leur ouvrira l’esprit, les fera rêver.
Tous les jours, nous recevons de nouveaux ouvrages et c’est comme lorsque l’on est enfant et qu’on ouvre ses cadeaux, à chaque carton c’est une surprise. Il faut trouver une place à chacun, lui faire un bon accueil, il sera lu, emporté, offert et puis il vivra sa vie.
Le libraire est partout à la fois, il range, ordonne, classe, transporte les colis de livraisons, puis dans le magasin, conseille, accompagne le lecteur, répond au téléphone, à plusieurs reprises j’aimerais avoir plusieurs bras.
Lorsque la journée se termine, les derniers clients partis, après le ménage et le rangement (encore …) « il est temps de fermer la porte, rentrer chez soi et enfin LIRE … »

PAGE OUVERTE profite de l’occasion pour faire un amical bonjour à Maïté et Marine.


Retournons à Lyon, quartier de la Croix-Rousse en souvenir de mon ami J-M Le Bihan, décédé en juillet 2019. Toi l’éternel rebelle, tout ton répertoire témoigne de ton courage, ton engagement. Un désir de liberté chevillé au corps ; tu traverses la vie avec tes chansons, tes mots remplis de tes rêves de fraternité. Je te cite « Chanter comme rire ou pleurer, boire ou manger, courir, marcher, respirer, dormir, rêver. CHANTER POUR VIVRE ».
Nous t’écoutons comme avant, la bande de copains rassemblés pour partager ta révolte, ta poésie … des mots généreux qui nous aidaient à ne pas rester indifférent.

IL N’Y A QUE LE VENT
QUI CHANTE SANS FAIRE PAYER


Avec un soleil noir dans un monde paumé.
Que reste-t-il ici, dis-moi, toi qui m’écoutes,
Y-a-t-il un seul homme qui puisse nous sauver,
Faut-il faire un demi-tour, continuer la route.
Le monde est-il banni pour une éternité ?
Il nous faut effacer les grands noms des affiches.
Il n’y a que le vent qui chante sans faire payer,
Il n’y a que le ciel qui ne joue pas au riche,
Il n’y a que l’enfant qui puisse nous sauver.
Je chante comme je pleure, je cherche la tendresse.

COCKTAIL POUR UN VINGTIEME SIECLE

Entre les juges et les notable,
Les privilèges et les paumés,
Le non-confort, le confortable,
Les injustices, les justiciers.
Entre les querelles et les guerres,
Les oppresseurs, les opprimés,
Les civils et les militaires,
S’étend la vie au monde entier.

Mais y’a quand même des enfants qui s’aiment,
Et qui s’aiment tendrement,
Y’a quand même pendues au ciel
Des étoiles depuis cent mille ans.


Merci Jean-Marc, nous continuons de t’écouter, surtout aujourd’hui …


Vendredi 10 avril – L’EQUIPE DE LA MJC SAINT-CHAMOND – PAGE OUVERTE – MJC – VOUS SALUENT

Urgence de retrouver le goût des gestes simples ; un bonjour amical, le sourire de la boulangère, un café partagé avec les copains, le « canard – infos du matin  » – … Attention « chaud devant »,

Mon Journal Couramiaud vient de sortir des claviers de quelques passionné(e)s.
Notre attachement à une culture pour tous nous motive à continuer d’accompagner la poésie, la littérature, les livres ; les A-R-T-S ne sont jamais aussi nécessaires que dans ces périodes que l’on dit de « crisessss »
Angélique – Christine – Elisabeth – Marie-Hélène – Jeanne – Nad – Nadia – Paulette – Sandra-Zuina – Brahim – Bernard – David – Didier P – Didier R – Haris – Jean-Lou – Jean-Marc – Lotfi – Olivier – Sedam – Thiérry – Yves et les autres … SANS OUBLIER LIONEL – PIERRE-FRANCOIS et THOMAS ;
toutes et tous nous vous souhaitons BIENVENUE à la MAISON.

« Il est clair que nous n’avons plus rien à nous dire ! Eh bien, parlons-en ! » Raymond Devos.
Merci Monsieur Devos ; sans plus tarder nous allons suivre vos instructions, ouvrir largement les portes de la maison MJC.

  • M – comme maison … C’est le « M » de la MJC, ne l’oublions pas. Et ce fut parfois souligné pour dire combien les MJC doivent jouer ce rôle de maison au sens d’hôte, d’accueil des jeunes et des moins jeunes.  » Un rôle en effet crucial à une époque où le lien social a tendance à se disloquer …  » Extrait tiré de l’abécédaire du BAZAR édité par la Confédération des MJC de France Ministère de la Culture.
  • J – comme jeunesse …
  • C – comme cuturesssss …

    « MJC, un collectif de salarié(e)s, bénévoles, sympathisant(e)s, des passeurs de culture pour accompagner nos jeunes, les aider à développer un sens critique, à faire comprendre que  » l’accès à l’information n’est pas l’accès au savoir ».

« Une société en crise, traversée par les inégalités, n’est pas sans incidence sur le secteur culturel » ; une formule rabâchée que j’utilise une fois de plus pour insister sur le rôle important des MJC comme acteurs de la démocratisation culturelle. Clin d’oeil à notre soirée du jeudi 30 janvier 2020 LA SCENE COULE A ST-CHAMOND, un rendez-vous sur le Pont des Arts. Un moment de partage culturel pour une soirée où la musique, les mots, les lectures à voix haute, les images, les chansons, la peinture, s’entremêlent pour un spectacle en toute simplicité, placé sous le signe de l’amitié.

Quelques mots étaient nécessaires pour faire meilleure connaissance, pour présenter les motivations, les convictions de toute une équipe rassemblée autour d’une culture ; « une culture-rempart contre les expressions de haine, les tentations du repli sur soi, les radicalisations religieuses et politiques. Une culture qui invite à penser le monde autrement ». Extrait de l’édito de A à Z – CMJCF et FRMJC –

A présent il est temps de vous dire bonne lecture ; à la semaine prochaine, même heure, même endroit …
RESTONS CONFINE(E)S – ET SURTOUT CONJUGUONS LE PLUS SOUVENT POSSIBLE LE VERBE A-I-M-E-R


De Christine Gros, un poème tiré du livre Poussière de Plume (Ed Myosotis )

Les mères de la place de Mai.

Elles remontent le temps
et tournent encore et encore
aujourd’hui comme hier ou demain

Le gris du temps s’effrite
mais pas leur mémoire
blanche comme leurs fichus couleur de lange

Barbelés de chair
linceul des fils disparus

Elles se dressent là
dans l’ombre de l’ombre de leur enfant
et jamais ne faibliron
t

De Bernard Bachman, un poème tiré du livre Première neige à Halifax (Ed Le Mas du Rau) … un merci particulier à Bernard pour une amitié de longue date.

Les brebis

Rapides et agiles
Les brebis du Causse
Sont entrées dans le pré

Leurs clochettes légères
En notes harmonieuses
Tintent en concert

Le soleil s’est levé
Le ciel bleu pâle apparaît
Les chênes se redressent

L’automne au reflet d’or,
Harmonisera les couleurs,
Bientôt, tout en douceur.

D’Elisabeth Granjon, un poème tiré du livre Encore et toujours … (Ed Christophe Chomant)

Grignotée par le minuscule
Je couve
Un bouillon

Mettre ce volcan en mots
Comme on met en cage
Me sauve
Des flammes

J’ai en moi
Un reste d’amour
Qui pleure

Un premier pas
Ecourté
Un baiser
Avorté
Exalté

J’ai en moi
Un espoir d’amour
Qui danse

Au fond
Tout au fond


(A TOI, à VOUS … Qui désirez, brûlez, vibrez et aimez … Le souffle volcanique d’une femme traversée par le manque et le désir …)

Des Mots à Partager de J-M G

Je me promène dans mon quartier


Un dimanche matin
ici à St Chamond
sur le parking d’un magasin
des gamins jouent au ballon
les mains sur le béton
les pieds sur le goudron

dimanche après-midi
la même photo

demain les enfants
retourneront à l’école
pour apprendre
Liberté Egalité Fraternité

Une habitude depuis quelques semaines ; avant de se quitter … « un petit dernier pour la route ! » et le plaisir de vous faire partager la sensibilité de mon « vieux » copain Claude, un amoureux des mots mais pas que …

RENDEZ-VOUS MERCREDI PROCHAIN AVEC UNE SURPRISE QUE MEME F. BUSNEL NE PEUT VOUS OFFRIR A LA GRANDE LIBRAIRIE …

J’ai connu l’arbre bleu
Ses feuillages légers
Le vent comme le feu
Puis la mer apaisée

J’ai rêvé sur le sable
D’un premier coquillage`
Sa trace ineffaçable
Ses réels mirages


J’ai mordu le soleil
Jusqu’au sang de son coeur
Et percé son sommeil
Au matin des lueurs

J’ai brisé le silence
Des baleines endormies
Et trouvé dans l’errance
La musique des pluies


Mardi 7 Avril 2020 – ET UN – ET DEUX – ET TROIS – QUATRIEME RENDEZ-VOUS AVEC VOUS … PAGE OUVERTE – MJC SAINT-CHAMOND VOUS DIT BONJOUR EN CE 7 AVRIL 2020 !

Nous sommes confinés depuis quatre semaines … Nous nous posons des millions de questions qui espérons vont nous emporter dans un tourbillon de remises en question.

Le confinement continue … Que sera l’après ??????
Qu’avons nous fait de l’avant ??????
Depuis longtemps des mots frappent à nos portes.
Des mots ensanglantés par tant de haines
des mots amers qui réveillent les violences
des mots pollués, irradiés,
trop de mots aseptisés
trop de mots humiliés
trop de mots embrigadés, armés, censurés
des mots chargés d’horreur qui ferment les frontières aux migrants
les mots d’un parti qui promet une société xénophobe fondée sur la division et l’exclusion des mots qui nous empêchent de vivre paisiblement en paix
des mots illisibles pour elle, pour lui ; encore trop d’illettrés chez nous en France.

URGENCE d’ouvrir le dictionnaire ; promesse de trouver les bonnes définitions pour ne pas rester indifférent …
URGENCE d’accompagner les mots, ils ont besoin de nous …
URGENCE de partir à la rencontre des mots d’ici et d’ailleurs. Le Littré conçoit la rencontre comme l’action d’aller vers quelqu’un qui vient.

Depuis quelques jours, le ciel nous offre sa couleur bleue ; le temps idéal pour plonger dans un encrier, nager loin des rives d’un monde secoué par trop de convulsions violentes.
Faisons une halte en compagnie de l’Académicien Erik Orsenna qui parenthèse ouverte déclare le 21 mars dans Ouest France « Ma seule terreur ; c’est qu’on recommence comme avant ». Parenthèse refermée pour lire notre
Académicien sur le site Académie Dire ou ne pas Dire. « Si, comme le veut la sagesse ancienne, nous tournions avant de prononcer le moindre mot, sept fois la langue dans notre bouche, bien des impairs seraient évités, et
et nombre de divorces. »
 Je fais un raccourci dans le texte d’Erik Orsenna …

VIVE L’ETYMOLOGIE …
Prenez l’exemple de la curiosité, ce sel de la vie. Comment tuer à jamais la phrase idiote qui a ravagé notre enfance,
« la curiosité est un vilain défaut ». Revenez au latin. Curiosité vient de cura qui veut dire la cure comme dans cure ou curatif. « Donc la curiosité est celui ou celle, qui prend soin ». Je vous conseille de faire une recherche pour le mot réussir.

Encore un effort de natation, à l’horizon la Terre … Ma terre- d’Ile Eniger … « Les platanes généreux, l’herbe forte malgré la soif, les vignes noires sacrant le vin, la paix d’oliviers séculaires, la tisane des tilleuls, l’ivresse des lilas, la friture des grillons quand dorment les cigales. Les lucioles menant aux bals de villages, les chauves-souris radars de lune, les braises de géraniums rouges, les flèches d’écureuils effrontés, les abeilles goulues aux guinguettes des fleurs … »

Après le bain, retrouvons Saint-Chamond ce 7 avril 2020 … ici dans notre ville, une autre histoire de rencontre à partager avec vous …

Depuis quelques jours
un moineau
vient se poser
plusieurs fois par jour
sur la fenêtre de la cuisine
Nous nous observons puis
l’un de nous deux se barre
vaquer à ses occupations
et pour le moment
nul ne peut dire
lequel a le plus
besoin de l’autre

Poème de Guillaume Siaudeau – La dictature des ronces – Ed Alma et Tartes aux pommes –

L’AUTRE où le rencontrer ??? A la MJC, au Centre Social, sur le palier de son immeuble ou tout simplement dans la rue sur un bout de trottoir. (Surtout bien respecter les consignes du Ministère des Solidarités et de la Santé)
L’AUTRE nous pouvons le rencontrer dans un roman … PAGE OUVERTE vous conseille cette lecture « Prenons soin de de nous » par Régine Detambel – Actes Sud
Régine Detambel rappelle l’exemple de Laure Adler, confiant que si elle ne s’est pas tuée après la mort de son enfant, c’est parce qu’elle tomba un beau jour sur Barrage contre le Pacifique de M. Duras.
Un roman attend chacun de nous, quelque part. A nous de le trouver. Extrait d’un édito de François Busnel L’Express du 29 avril 2015 –

Voilà se termine notre rendez-vous bi-hebdomadaire. PAGE OUVERTE – MJC – espère vous retrouver vendredi prochain ; ici même heure …
Ne nous quittons pas sans partager un petit dernier.

Laurent Deloire

« Il pleut. Pas une de ces violentes et brèves averses tropicales qui s’abattent à larges gouttes et laissent après elles les trottoirs fumants de vapeurs tièdes.
Non, une pluie mièvre, petitote et glougloutante, frisquette et pistouillante.
Une pluie obstinée comme il en tombe boulevard Richard Lenoir quand Maigret rentre à l’aube. Une pluie bretonne que le touriste hollandais fuit sans courir pour aller s’abriter sous les dolmens de Carnac en attendant l’heure des crêpes. Une pluie pour visiter Honfleur en récitant Verlaine sans sortir de sa chambre, une pluie à faire des enfants en famille au Tréport.
Une pluie, sous laquelle on se dit : Dreyfus est-il coupable on non ! Il n’importe »

P. Desproges

Amitiés poétiques


Lundi 6 Avril 2020 – Contribution de Marie Hélène Beysson.

ACIÉRIE EN FORME DE FANTÔME.

A travers les poutrelles métalliques
Flottent des particules de poussière
Qui contiennent des vies entières
De travail.
Les verrières brisées, les portails entr’ouverts
Laissent passer le vide qui a soufflé l’usine.
Carcasse désertée, masse démantelée
Des couches de silence sur les bruits de la vie.
Ce Pompéi là n’a pas d’amants pris sous la lave
Pas de fresques volées par un volcan furieux
Les graffitis couvrent la rouille
Les tas de copeaux rougissent le sol, virgules sans texte
Quelques cuves oubliées veulent boire encore l’eau des pluies
indifférentes.
Aucun cataclysme visible, simplement
Les lois d’un marché qui a pris le travail.
Enfuie la fonte en fusion
Emboutissages qui n’aboutissent plus
Mécaniques sans objets
Fonderies effondrées
La grande cheminée et Saint Eloi attendent
Qu’on vienne défricher la friche
Et nous laisser sans mémoire
Sans ce rythme sourd
Sans ce pouls qui battait
Au cœur de la vallée, digne.
Marie Hélène Beysson.


Vendredi 3 Avril 2020Ami-e-s de la poésie bonjour ; bienvenue aux ami-e-s de la MJC St Chamond, pour vous avec vous mon MJC (Mon Journal Couramiaud)
Si vous avez un moment à gagner ; c’est Page Ouverte en votre compagnie …

Malgré le confinement, je passe mes journées au champ ; au champ des mots bien sûr. Si nous voulons voir fleurir notre MJC avant l’été, dès maintenant pensons à faire germer quelques graines de poésie ; de folie aussi.
Sur le chemin du jardin, j’ai cueilli un brin d’Ardèche ; un cadeau du poète, ouvrez vite …

C’EST UN CHANT DE VIE.
un texte de Jean FERRAT – Le Grillon …
« Son cri n’a d’autre raison d’être, que son refus de paraître pour ne pas être asphyxié. Sait-il au fond de sa mémoire, que c’est du cœur de la nuit noire qu’on peut voir l’autre se lever. »

Pour peu que vous y prêtiez attention, un grillon peut se cacher dans votre appartement, peut-être dans le cœur d’un amant, le bleu, le rouge, le blanc d’un nuage ou le sourire d’un enfant. Ce cri-cri trop souvent oublié au fond d’un tiroir, allons savoir … c’est une belle histoire qui commence.

Il était une fois une planète polluée de la tête au pied. Les terriens regardaient grossir, grossir, grossir un septième continent, très, très, plastifié.
Du fond des océans, sorti de l’Écume des jours, un poète ne « voulait pas crever » avant de savoir si « les quatre saisons ne sont vraiment que quatre. »
Ne dit-on pas un changement de saison ; encore mieux, mille raisons d’espérer en la magie de la poésie …
Urgence de lire ou relire Jean-Pierre Siméon « La poésie sauvera le monde »
La réponse à Boris Vian se trouve certainement dans quelques citations : « Vous le peuple vous avez le pouvoir de rendre la vie belle et libre » – Charlie Chaplin
« Ne désespérez jamais ; faites infuser davantage » – Henri Michaux
« La poésie existe parce que certains tendent de mettre les fleurs en prison »
« Poètes sortez de vos placards ; ouvrez les fenêtres, ouvrez les portes … Il y a trop longtemps que vous êtes terrés dans votre monde fermé. »
Une dernière du même auteur « Sois subversive, remets sans cesse en cause réalité et statu quo. Efforce-toi de changer le monde, et qu’il n’y ai plus besoin d’être un dissident. » – Ferlinghetti

Avec votre autorisation, à mon tour de me joindre à cet inventaire à la Prévert (encore un poète qui aura été de tous les combats de son temps ) … La cinquième saison arrivera si nous prenons soin de l’éphémère beauté d’un simple coquelicot. Urgence de rayer de notre vocabulaire l’expression « une mauvaise herbe ».

Pendant les vacances de février, Page Ouverte de la MJC St- Chamond, animait un atelier d’écriture à l’ancien Centre Pablo Neruda. Partageons un texte écrit par des enfants (entre huit et douze ans) une réponse ensoleillée à la question de Vian …
La recette du bonheur ; à St Chamond, des filles et des garçons trempent une plume dans le Gier pour écrire un poème plein d’amour. Avec toi, avec vous nous allons partager notre trésor … la recette du bonheur.

Cent grammes de gentillesse, un litre de partage, une dose d’amour, un grain de fantaisie, une graine de folie ; une louche d’imagination, une cuillère de patience, un fouet de bêtise ; le tout saupoudré de sucre de rire et pour terminer, enfourner dans le cœur des gens.

Voilà pour aujourd’hui ; merci d’offrir un peu de votre temps pour nous lire. Page Ouverte – MJC St Chamond vous remercie, prenez soin de vous.

Comme à la maison, ne perdons pas les bonnes habitudes, un dernier poème pour la route.

ton poème
passe à travers
les yeux de ceux qui te lisent
comme un vent d’énergie fauve
vif et lumineux

et tu sens soudain que rien
ne se gaspille dans l’univers


Extrait du poème « Innocence héroïque » in D’un univers funambule Edition Poésie-Gallimard – Texte de Zéno Bianu

Les piliers de la Création

Mercredi 1 Avril 2020 – La Notice …


Mardi 31 Mars 2020 Bonjour chère adhérente , bonjour cher adhérent…….

Au travail , pas une seconde à perdre ; demain tradition oblige, ne pas oublier le poisson du PREMIER AVRIL.
Aujourd’hui, la PAGE OUVERTE de votre MJC est de bonne humeur ; alors courons adhérer au parti du bonheur, de la joie de vivre. Tournons le dos un instant « à ce monde à la dérive » et partons pour une rêverie printanière en compagnie du regretté Jacques Higelin. Qui mieux que lui pour célébrer l’amour, la vie, le bleu du ciel et les oiseaux qui chantent.

Nous partageons avec vous un extrait d’un entretien accordé par J Higelin au journal L’Humanité le 7 Avril 2013

Question – Comment fait-on pour garder sa veine poétique dans une société de plus en plus morose ? ……..
Higelin – « On ne va pas s’en prendre à la vie, qui est notre richesse. C’est ce qui nous est donné. C’est des hauts et des bas tous les jours. On peut être trés joyeux d’avoir rencontré l’être qu’on aime, et le moment d’après tomber sur un mec ou une femme dans la rue, entassé dans un paquet de chiffons. On est dans une telle détresse, qu’on est obligé de constater ça. D’un instant à l’autre, on peut passer d’une joie de vivre intense au désespoir devant la dureté de la vie, des êtres humains, des gens qui veulent tout garder pour eux. C’est toute une histoire de générosité et d’égoïsme et de lutte entre les deux. Claude Nougaro disait à propos des artistes « On a reçu un don, et un don c’est fait pour être donné » C’est ma conception et celle je crois, de tout artiste. Récemment, lors d’une expo au musée d’Orsay, je suis tombé en arrêt devant un tableau de Van Gogh – quelqu’un qui a tellement souffert – où l’on voit un couple dans une meule de foin. Ce tableau est si solaire que j’ai ressenti une grande émotion, j’avais le frisson partout. Quand je lève les yeux, que je regarde les million d’étoiles, je me dis qu’on fait partie d’une galaxie, que la vie est un miracle. »

Avant de vous retrouver en fin de semaine Page Ouverte vous invite à écrire en rouge, en bleu, en vert, en arc-en-ciel, les paroles optimistes du poète  » C’EST MIRACULEUX D’ÊTRE VIVANT  » .


Mercredi 25 Mars 2020Aujourd’hui retrouvons Ferlinghetti , poète américain ; une poésie pour écouter le monde ,  » réinventer l’idée de la beauté  » et rester dans l’esprit de notre MJC .

Deux raisons pour ce choix ; la première, je veux rester fidèle à la définition que je donne de la poésie : ….c’est un pavé dans la marre aux moutons . et la deuxième est un peu sentimental ; hier notre poète fêta ses cent un ans .

Extrait de Prenez la parole

Et personne ne dit rien

Et lorsque se réuniront
Tous les grands écrivains les poètes les peintres
Le Cercle National des Arts de Complaisance
Ne dira rien
Alors que tous les jeunes gens
Une fois de plus tueront tous les jeunes gens

Dans les champs de tuerie
L’heure est venue pour vous parler
Vous tous amants de la liberté
Vous tous amants en quête du bonheur
Vous tous amoureux et dormeurs
Enfoncés dans vos rêves intimes
L’heure est venue de vous prononcer
Ô majorité silencieuse
Avant qu’ils viennent vous chercher !